L’origine de Saint-Cyprien – Epoque moderne

L’origine de Saint-Cyprien – Epoque moderne

La commune fait partie du comté du Forez : c’est un état indépendant depuis environ 950 jusqu’en 1531. A cette date-là, il est définitivement rattaché au domaine royal et donc sous l‘autorité direct de François 1er. Il sera ensuite rattaché à la généralité de Lyon, créée par Henri II en 1542.

Les habitants de Saint-Cyprien sont pour la plupart des paysans et propriétaires de petites exploita­tions au XVIe-XVIIe siècle. Comme tous les gens de la terre à cette époque leur vie est dure, ils sont à la merci des épidémies : en 1586 la peste ravage la région. Des périodes de sécheresse et d’inondations amènent des famines comme en 1694 où le prix du blé passe de 14 à 50 sols puis à 6 livres.

A cette même période, Andrézieux (écrit Andreyi­zou) était une paroisse de Saint-Cyprien. Par ordon­nance du 14 septembre 1686, l’archevêque de Lyon détache Andrézieux de la paroisse de Saint-Cyprien pour la réunir à celle de Bouthéon. Mais en 1697, les registres paroissiaux de Saint-Cyprien sont tenus par le curé de Saint-Cyprien et aussi par le vicaire de la chapelle Sainte-Agathe de l’annexe d’Andrézieux.

Le clergé de Lyon ayant acquis les charges de gref­fiers conservateurs des registres des baptêmes, ma­riages et sépultures de cette Généralité, remet les registres à l’archiprêtre de Montbrison en « exécu­tion de l’Arrêt du Conseil du 31 juillet 1695 édit du mois d’octobre 1691 lequel archiprêtre remet les re­gistres au curé de Saint-Cyprien » (1701).

En 1709 survient une autre famine en Forez et donc dans la commune. On cuit l’herbe des prés, le pain est fait de fougères, d’écorce d’arbres, de suif, mé­langés à la farine. Le nicher de seigle monte jusqu’à 18 sols.

A partir de 1743, c’est le Lieutenant Général au Bail­liage du Forez qui remet les registres paroissiaux au curé. A la fin de l’Ancien Régime, Saint-Cyprien est « village et paroisse dans le Forez », il fait partie de l’élection et du bailliage de Montbrison et dépend de la justice de Veauchette (écrit Vochette).

Juste avant la Révolution, les premières municipali­tés du secteur sont élues en 1787 et vont ainsi prépa­rer les cahiers de doléances. Saint-Cyprien compte, à ce moment-là, 77 feux (unité utilisée dans le dé­compte de la population à partir des cheminées des bâtisses). Jean-Baptiste Chatelard est syndic de la paroisse : notable chargé de représenter, d’adminis­trer et de défendre ses intérêts.

L’hiver de 1788 est très rigoureux, le prix du pain passe de 14 à 20 sols la livre. Le prix de la viande est taxé. Dans le secteur, la Loire est gelée : la glace atteint une épaisseur de 17 pouces (40 centimètres).

 

Notes sur l’ancienne église disparue

Procès-verbaux de la visite Pastorale faite par Mgr. Camille de Neuville.

Saint-Cyprien, le 12 juin 1662.

« Cette église paroissiale dédiée à Saint-Cyprien a été trouvée en bon état tant pour le dedans que pour le dehors. Le clocher est garni de deux cloches, le choeur voûté où est un retable de menuiserie et un tabernacle de bois peint et doré, le tout fort pro­prement, ainsi que le grand autel. Dans le tabernacle repose ordinairement le Saint-Sacrement en un ciboire d’alchimie argenté. Il y a aussi un soleil de même matière décemment tenu. Pour le viatique, on se sert d’une boîte d’étain. Quant aux Saintes-Huiles et fonts baptismaux, le tout a été trouvé en bon état. Il y a deux calices, L’un d’argent, l’autre d’étain, quatre chasubles de différentes couleurs, dont deux sont de soie, des parements d’autel et linge suffi­samment. Le Luminaire est entretenu d’aumônes, or qu’il y a une fondation de 15 livres pour une lampe ardente devant Le Saint-Sacrement. Il y a une fon­dation de vêpres pour tous les dimanches et fêtes de Notre-Dame après lesquelles vêpres on donne la bénédiction avec le Saint-Sacrement et on dit un «De Profundis» pour les morts. La dotation est de 15 livres, pour cela sur certains fonds assis dans la paroisse. Il y a deux chapelles dans la nef, celle du côté de l’Evangile est dédiée à Saint Ennemond, celle du côté de l’Epître est sous le nom du Rosaire, et la confrérie de ce titre y est érigée. »

Le cimetière et la maison curiale sont bien présents alors que le nombre de communiants est estimé à 200. Aymé Pupier est curé depuis l’an 1659. On nous a exhibé ses capacités en bonne forme et ses re­gistres de baptêmes, mariages et mortuaires en bon ordre. Il a été institué sur nomination du chapitre de Saint-Jean de Lyon. Il évalue les dîmes de saint-Cy­prien et sa paroisse à 300 livres.

 

La période Révolutionnaire

La seigneurie de cette paroisse appartenait en 1789 à M. le Marquis de Rostaing, Grand Bailli du Forez (élu le 14 mars comme député du Tiers Etat). Le mercredi 14 juillet 1790 un grand nombre de citoyens de la paroisse de Saint-Cyprien se sont joint aux déléga­tions des paroisses voisines pour assister au pré du Cloître, à Saint-Rambert, à une cérémonie en l’hon­neur de la Révolution.

A cette époque Andrézieux est toujours annexe de Saint-Cyprien mais est, en 1792, érigé en commune. A partir de l’année suivante, c’est la nouvelle muni­cipalité qui va tenir les registres d’état civil. Pendant la Terreur qui s’ensuivit, alors que l’on recherchait les prêtres réfractaires pour les conduire à la guillotine qui était dressée à Montsupt (Saint-Georges-Haute-Ville) : les habitants de Saint-Cyprien cachèrent leur curé. L’abbé Ducoing fut protégé, dans un « bachat » (abreuvoir) en pierre, dans les dépendances d’une maison du village (maison Chabrier). Le prêtre échappa ainsi à la décapitation pour ne pas avoir voulu abjurer sa foi.

Lors de l’an II de la Première République (1793-1794), le village devient « Commune de Ciprien ». Mais en l’an IV (1795-1796), il est de nouveau nommé Saint-Cyprien. En l’an VII (1798-1799), la commune fait par­tie du département de la Loire et du canton de Sury. Andrézieux est encore une fois rattaché à Saint-Cyprien en 1798. Bien sûr il y eut, dans la foulée, la conscription au village afin de lever des troupes de soldats pour les armées de la Révolution. 

 

Gaylor MEUNIER

Sources :

– le Petit messager de Saint-Cyprien (années 1910)

– Ouvrage de Pierre Chaumarat sur l’histoire de Saint-Cyprien